L’industrie mondiale des deux-roues motorisés est confrontée à un changement majeur en 2025. La récente réglementation CE 92.03, adoptée par l’ONU, impose des contraintes inédites sur les systèmes d’échappement pour résoudre le problème des nuisances sonores urbaines causées par les modifications non conformes des silencieux.
Réglementation mondiale sur les échappements de motos
La nouvelle législation vise spécifiquement les échappements aftermarket, que de nombreux motards ajoutent après l’achat de leur véhicule. Les fabricants renommés tels qu’Akrapovic et SC Project devront désormais respecter des normes plus strictes. Il ne sera plus possible de simplement retirer la chicane (ou DB Killer) pour obtenir un son plus puissant.
La directive de l’ONU est claire : les silencieux d’échappement de remplacement doivent être conçus de manière à empêcher toute modification des éléments atténuant le bruit. Les éléments essentiels seront fixés de manière permanente, toute tentative de modification entraînera des dommages irréversibles sur l’ensemble du système.
Cette initiative, en gestation depuis 2023, marque un tournant dans la régulation des émissions sonores des deux-roues.
| Aspect réglementaire | Avant la CE 92.03 | Après la CE 92.03 |
|---|---|---|
| Retrait des chicanes | Possible techniquement | Techniquement impossible |
| Échappements aftermarket | Modifications tolérées | Modifications structurellement empêchées |
| Contrôles sonores | Principalement sur route | À la source + radars antibruit |
Surveillance acoustique des deux-roues
En parallèle à la réforme des échappements, les autorités déploient une technologie complémentaire : les radars antibruit de nouvelle génération. Ces dispositifs sophistiqués, équipés de huit microphones et plusieurs caméras, peuvent détecter précisément les véhicules dépassant 85 décibels.
Plusieurs villes françaises servent de terrains d’expérimentation pour ces radars :
- Paris, zones urbaines denses
- Toulouse, centre-ville
- Nice, artères principales
- Rueil-Malmaison, zone résidentielle sensible
- La vallée de Chevreuse, destination motards le week-end
Les contrevenants risquent une amende de 135 euros, sans perte de points. Cette approche vise à automatiser la détection des infractions sonores, rendant les contrôles plus systématiques.
Une fois homologués, ces radars seront déployés pour aider les municipalités à lutter contre la pollution sonore.
Conséquences pour les motards
Cette réforme représente un changement radical pour de nombreux passionnés de deux-roues. La culture du son personnalisé, souvent liée à l’identité du motard, est directement menacée par ces nouvelles règles.
Les constructeurs devront revoir leur approche de conception. Les échappements ne pourront plus être modulables, mais devront être des blocs monolithiques intégrant tous les éléments de manière permanente. Cela pourrait entraîner une hausse des coûts de production et des prix de vente.
Le marché des pièces non homologuées pourrait temporairement augmenter avant que les contrôles renforcés ne le rendent risqué. Les motards devront s’adapter à cette nouvelle réalité où la discrétion sonore prime sur l’expression bruyante.
Cette réglementation s’inscrit dans une tendance de restriction des libertés individuelles au profit du bien-être collectif. Le débat reste ouvert sur l’équilibre entre ces impératifs, mais la direction des autorités mondiales semble claire et irréversible.